Chaque personne qui passe dans un sentier laisse sa trace. Elle déplace des pierres, érode le sol, brise une branche, écrase des racines. On peut voir par endroit des sentiers s’enfoncer de plusieurs dizaines de centimètres dans le sol à la suite du passage de milliers de randonneurs au fil des années et c’est souvent pire dans les secteurs plus hauts que la ligne des arbres.
Même s’il y a des centaines de personnes qui passent au même endroit la même journée, le sol peut récupérer un peu entre chaque passage, mais il n’y a rien de pire que le passage continu d’un groupe. Prenez 25 personnes qui se suivent à la queue leu leu dans une forêt vierge et vous aurez probablement un sentier relativement bien défini.
Afin de protéger les sentiers, la forêt et la végétation en milieu alpin, la plupart des parcs ont mis en place une limite maximum à un groupe. La taille maximale autorisée varie d’un endroit à l’autre. Par exemple, elle peut être aussi basse que 8 personnes dans le parc national de Yosemite, en Californie, mais au Québec et dans les parcs nationaux canadiens, elle est souvent liée à la capacité des emplacements de camping en arrière-pays (entre 10 et 12 personnes).

Juste au sud de la frontière, il y a des restrictions :
Green Mountain
Maximum recommandé de 10 personnes, mais limité à 20 personnes.
Sur les sommets du Mont Mansfield, Camel’s Hump et Mont Abraham, il y a un maximum de 10 personnes en tout temps.
Ref. https://www.greenmountainclub.org/hiking/groups/
Adirondack
Limité à 15 personnes en tout le temps.
Un groupe peut se séparer pour respecter la limitation. Chaque partie de groupe doit se suivre à une distance minimale d’un mille (1,6 km ou environ 20 minutes).
Si le groupe passe la nuit en forêt, il ne peut dépasser les 8 personnes.
Ref. https://dec.ny.gov/places/high-peaks-wilderness-complex#High_Peaks
White Mountains
La limite est fixée à 10 personnes en tout temps dans toute la zone « wilderness ».
Ref. https://www.fs.usda.gov/r09/whitemountain/wilderness
Les conséquences
En plus de détruire l’environnement, faire fuir les animaux et compliquer les rencontres sur le sentier, un garde forestier pourrait vous demander de vous séparer ou de quitter la montagne, mais il pourrait aussi vous remettre une contravention pouvant aller à 5000$ et/ou 6 mois d’emprisonnement. Et ne rigolez pas, un « ranger » aux États-Unis est un agent fédéral avec pratiquement les mêmes pouvoirs qu’un policier et, même s’il est seul sur le sentier, il peut toujours appeler de l’assistance qui vous attendra au pied de la montagne.
Nous avons déjà croisé un groupe de personnes qui n’avaient pas respecté la réglementation. Dans les heures qui ont suivi, leurs photos se sont retrouvées dans les médias et les personnes en question se sont fait arrêter.
La randonnée est un moment qui se fait dans le respect entre les randonneurs et la nature. Profitez-en intelligemment!
Bonne rando!
